Cyberworkers

Télétravail et télécentre : l’exemple

Nous sommes dans une petite ville et donc obligés de « faire feu de tout bois » pour développer le télétravail selon Michel Laclautre.

Qu’est-ce que le télétravail selon vous ?

En croissance régulière, le télétravail concerne déjà 7% des salariés en France, contre 25 % dans certains pays européens, et procure des avantages tant aux entreprises qu’aux salariés et à la collectivité. L’accord du 19 juillet 2005 entre les partenaires sociaux, précisant le statut des télétravailleurs, va amplifier ce phénomène. Cette nouvelle méthode de travail contribue également à l’insertion des personnes handicapées dans le monde professionnel.  Déjà, 440 000 télétravailleurs salariés et de plus en plus de télétravailleurs indépendants s’installant à la campagne exercent leur activité à domicile ou de façon nomade. Une grande partie d’entre eux expriment le souhait de travailler au moins une partie de leur temps dans un espace professionnel à proximité de leur domicile, de leur maison de campagne ou de leur clientèle, par exemple dans un «télécentre».

Quel constat faites-vous sur le développement du télétravail ?

L’économie de l’Internet fait émerger de nouveaux modes d’organisation du travail dans les entreprises. Porté par les technologies de l’information, le télétravail devait être l’un des phénomènes majeurs de ce début de siècle. Le rapport rendu par le député Pierre Morel A l’Huissier au Premier ministre en 2006, propose des adaptions qui doivent être engagées au niveau juridique pour favoriser son développement. Le constat établi est qu’une faible part de la population active se trouve aujourd’hui concernée par ce mode de travail. Les télétravailleurs se situent en France autour de 7 % de la population active, alors qu’ils sont en moyenne 13 % en Europe et 25 % aux États-Unis. Le télétravail correspond à une culture de travail par projet. En France et en Europe, afin d’allier le développement des TIC au télétravail, les partenaires sociaux européens ont conclu 16 juillet 2002 un accord-cadre sur le télétravail, afin de poursuivre les engagements européens, un accord interprofessionnel a été signé en France, le 19 juillet 2005 entre les organismes suivants, le mouvement des entreprises de France (MEDEF), la confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), l’union professionnelle artisanale (UPA) et la confédération générale du travail, force ouvrière (CGT-FO). Le rapport précité fait état de la mise en oeuvre de l’accord-cadre signé au niveau européen. Selon les conclusions du rapport, l’Union européenne 20 compte dix millions de télétravailleurs, dont : des télétravailleurs salariés qui, pour la plupart, travaillent alternativement chez eux et dans les locaux de leur employeur ; des télétravailleurs indépendants qui travaillent normalement depuis leur domicile ; des travailleurs mobiles qui sont en déplacement (c’est-à-dire qui ne sont ni chez eux, ni sur leur lieu de travail principal) pendant au moins dix heures par semaine parce qu’ils effectuent des voyages d’affaires ou se rendent chez des clients, par exemple et utilisent alors des connexions informatiques pour travailler en ligne ; des télétravailleurs occasionnels qui pourraient entrer dans la première catégorie mais travaillent depuis leur domicile pendant moins de dix heures par semaine. Il est essentiel de poursuivre le développement du télétravail dans un cadre souple adapté à la diversité des situations liées au travail en réseau. Le télétravail s’accompagne d’avantages indéniables tels que l’allègement des charges de structure pour les entreprises et les entrepreneurs, la souplesse et la flexibilité pour les employés et la réduction des déplacements domicile / entreprise, permettant de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Le télétravail, que ce soit à temps complet au domicile, en alternance entre le lieu de travail et le domicile ou encore en mode nomade nécessite également le recours massif aux technologies de l’information et de la communication. Son développement épouse intimement celui d’Internet et des réseaux. Il est essentiel de poursuivre le développement du télétravail dans un cadre juridique qui pourrait être encore amélioré, mieux adapté au nomadisme et à la diversité des situations liées au travail à distance.

 

Comment vous est venue l’idée du télécentre de Montluçon ?

Nous avons créé une pépinière pour les créateurs d’entreprises. Le principe est simple : ils profitent de loyers modérés (8 € le m2) sur une durée maximale de 2 ans. Après un certain temps, nous nous sommes rendus compte que des personnes souhaitaient venir ponctuellement pour télétravailler en profitant de l’ambiance de la pépinière.

Mais, quelle est la différence entre un télécentre et un CyberCafé ?

Il faut être professionnel salarié ou entrepreneur (indépendant, société, etc…) pour travailler au télécentre. Nous ne travaillons pas avec les particuliers. Dans le télécentre, tout professionnel peut venir pour ½ journée, 1 journée, une semaine, un mois ou une année, selon ses besoins. Nous dépendons d’un établissement public, la Chambre de Commerce, habilité et obligé de vérifier les coordonnées des utilisateurs.

Quels sont les intérêts pour un créateur d’entreprises ?

Un loyer modéré, des outils qui fonctionnent, une maintenance du matériel et aussi une assistance dans divers domaines, grâce à notre connaissance du monde de l’entreprise. Nous offrons un accompagnement et un suivi. Nous disposons d’agents spécialisés autant dans les TIC, que dans la gestion ou le marketing. Nous sommes aussi soutenus par l’Europe ; des fonds FSE nous permettent de faire de l’accompagnement d’entreprises en télécentre ou en pépinières.

Comment le télécentre est il aménagé ?

Nous avons 2 bâtiments importants : l’un de 2500 m² et l’autre de 2000 m². Le télécentre occupe 100 m². C’est une salle en open space de 4 postes, aujourd’hui, mais qui évoluera sans doute.

Il s’agit d’un bureau sécurisé, avec des moyens informatiques, bureautiques, du wifi, des casiers de rangements fermés à clé pour en sécuriser le contenu en cas d’absence prolongée.

D’autres matériels comme les photocopieurs, relieurs etc… sont dans une autre salle commune à toutes les personnes de la pépinière.

Peut-il y avoir des aides financières spécifiques aux entreprises qui s’installent dans votre pépinière ?

A Montluçon nous avons des « fils » qui correspondent à des programmes de financement locaux.

Ces aides sont décidées en commissions auxquelles participent des responsables des grandes entreprises de la région.

Ces entreprises débloquent leurs propres fonds, en général, pour des prêts aux créateurs jeunes ou moins jeunes et sous certaines conditions prédéfinies.

Par contre pour le télécentre, il n’y a rien de spécifique. Les participants bénéficient seulement du matériel et des connaissances des uns ou des autres.

Quel est le profil des personnes qui viennent au télécentre ?

Par exemple, nous avons des traducteurs qui louent nos outils pour plusieurs heures et font de la traduction en ligne.

Le système est très pratique pour eux qui font aussi de l’interprétariat et se déplacent beaucoup ; ils n’ont pas toujours un bureau très équipés chez eux.

Nous avons aussi des entreprises qui ne reçoivent pas l’ADSL, pour des raisons d’implantation, ils ont la possibilité de venir chez nous.

Autre exemple, un sous-traitant qui est obligé de lire des plans et n’a pas le haut débit met un temps infini à télécharger, parfois 7 ou 8 heures.

Il peut louer 2 ou 3 heures au télécentre pour sortir ses plans ou ses dossiers, le coût sera moindre et la réactivité plus importante.

Quelles sont vos prochaines étapes de développement ?

La première étape était d’ouvrir et d’accueillir les personnes.

La deuxième étape est de commercialiser et de faire connaître notre concept.

La troisième étape consistera à visiter les entreprises et les fidéliser.

Nous souhaitons contacter, entre autres, des entreprises implantées à Clermont-Ferrand, à Bourges ou à Châteauroux, qui ont des collaborateurs habitant Montluçon et qui font la route tous les jours.

Nous leur proposerions la possibilité de travailler à distance, un ou plusieurs jours par semaine.

Pour cela nous mettrons en place une prospection auprès des DRH !

Prévoyez-vous d’autres axes de développement ?

Aujourd’hui nous avons 3 sortes de télécentres :

Le Rurbain : ni à la campagne, ni à la ville pour des personnes qui ont choisi de ne plus faire de kilomètres inutiles et qui sont à mi-chemin de la ville et de la campagne. Aussi beaucoup d’anglais dans notre région, proche de la Creuse ou de l’Allier, qui font du télétravail.

Le Rural, dans le Cantal ou les départements un peu désertifiés dans lesquels on attire les habitants des grandes villes pour les faire travailler « dans la verdure ».

L’Urbain, qui est installé près des gares ou des aéroports, là où le trafic est incessant.

Voilà les axes de développement : à la fois une clientèle internationale, qui veut s’installer en France pour la qualité de vie, et une clientèle de cadres ou de professions libérales qui ne veut pas être sans arrêt sur la route.

Le télécentre est donc un développement durable.

Quel est le meilleur modèle à suivre si l’on veut faire un télécentre ?

Nous sommes allés visiter des centres qui fonctionnent bien comme en Finlande. Ils ont de grands moyens et une grande liberté de travail, c’est vraiment LE modèle.

Ils ont aussi un petit pays donc ils ont peu de frais dans les déplacements et des outils très performants.

Il y a un autre modèle, plus artisanal mais mieux que nous, c’est l’Italie.

Ils sont installés en régions très rurales mais regroupent les entreprises, développent leurs synergies et travaillent sur l’innovation.

Ces 2 modèles sont très différents l’un de l’autre : l’un bénéficie de beaucoup d’aides financières et l’autre est basé sur la confiance que se feront les entreprises pour travailler entre elles.

Nous sommes entre les deux modèles.

Pensez-vous que les collectivités puissent aider au développement des télécentres ?

En ce qui nous concerne, nous avons été aidés pour implanter le centre, maintenant c’est à nous de le faire vivre en y amenant des clients.

Vous êtes propriétaires des locaux ?

Oui nous en sommes propriétaires.

C’est donc un placement ?

Oui bien sûr, demain si ce n’est plus une pépinière, cela peut être autre chose !

Comme vous le savez, nous avons commencé par un centre multimédia, puis nous avons fait une pépinière, en avons rajouté une autre, et un centre d’appels.

Nous avons largement contribué à amener ces métiers dans nos régions car ils n’étaient qu’à Paris ces dernières années.

Enfin, nous avons rajouté le télécentre et demain … on verra !

Le développement des télécentres doit-il être une volonté des pouvoirs publics ou des usagers ?

Internet n’a fonctionné en France qu’à partir du moment où le citoyen s’y est mis.

C’est idem pour le télétravail.

Par exemple, si les salariés se disent qu’ils en ont assez de faire des kilomètres en voiture, ce sera un bon effet de levier.

 

 

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