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Un site web pour le commerce équitable et le développement durable

 


De l’intérêt de développer un site web pour une activité de commerce équitable de produits artisanaux en bambou.

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bols en bambou bibol

Question : Stéphanie, bonjour ; ou devrais-je dire Petite Lune, bonjour.
Réponse : Bonjour. Petite Lune est la traduction de Ti Nga, mon prénom vietnamien. Lorsque je suis arrivée en France, j’ai été rebaptisée Stéphanie. Tu peux m’appeler Stéphanie ou Ti Nga.

Q : Quel est l’objectif de ton nouveau projet ?
R : Je suis originaire du Vietnam. J’ai quitté clandestinement mon pays quand j’avais 13 ans, à l’insu des passeurs eux-mêmes.
Aujourd’hui, avec mon mari, nous créons bibol, une marque (éco citoyenne) de produits équitables. Il s’agit de produits en bambou écologiques réalisés à la main par des artisans vietnamiens. Notre objectif est triple :

  • préserver un savoir-faire traditionnel ;
  • permettre aux artisans de vivre décemment de leur travail ;
  • rendre au bambou ses lettres de noblesse face au béton et au plastique, pour protéger l’environnement et lutter contre le réchauffement climatique.

Q : Comment vas-tu mettre cela en ligne ?
R : L’Internet n’est pas une fin en soi, c’est un outil, aujourd’hui incontournable.
Pour débuter, nous réalisons le site de présentation de bibol. Il sera complété d’un espace permettant aux revendeurs de passer directement leur commande.
En parallèle, sur les conseils insistants de notre agence de communication, j’ouvre mon blog pour raconter de façon plus personnelle ma vie et ma démarche. Ca remue beaucoup de choses en moi tout en me confortant dans ma démarche. C’est plus qu’un journal, presque une thérapie. C’est très chronophage, cela explique que les mises à jour ne sont pas aussi fréquentes que je le souhaiterais.
Nous étudions aussi comment mettre en place une plate forme collaborative entre nos partenaires à l’étranger et nous.

Q : Quels sont tes recommandations pour booster ce type de business ?
R : Une importante préparation en amont pour fluidifier les réalisations.
Il faut beaucoup échanger. Rencontrer les gens, les artisans, les revendeurs, les autres fournisseurs, les partenaires, etc. Clarifier son offre, ses objectifs, sa clientèle.
Tout cela est assez intuitif quand on est convaincu par son action et son produit. L’assistance d’un professionnel est une aide indispensable pour clarifier l’ensemble et avoir le recul nécessaire. Définir les actions à mener et les priorités : identité visuelle, logo, rédaction, prises de vues, fiches produits, site Internet... la liste est longue.
Concernant Internet :

  • Une bonne analyse a débouché naturellement sur l’arborescence et la rédaction du contenu.
  • Rédaction et arborescence ont été réalisées en ayant en permanence à l’esprit la problématique du référencement.
  • La création d’une charte graphique à la hauteur du produit, mettant en valeur notre démarche. La communication sur Internet sera accompagnée de promotions en ligne et hors ligne.

Q : Au niveau technique, ça marche comment ? As-tu analysé différentes solutions ?
R : Je ne suis pas technicienne, nous avons néanmoins envisagé différentes solutions : celle d’une boutique en ligne a été écartée pour ne pas faire d’ombre à nos revendeurs. L’idée d’un site en flash non plus n’a pas été retenue pour faciliter le bon positionnement.
Nous nous sommes tournés vers les logiciels libres. Le nom nous a beaucoup plu et nous avons été totalement séduits par les notions de collaboration et de partage. OsCommerce a été retenu comme moteur de l’espace revendeur du site. e-groupware est à l’étude pour l’outil collaboratif.

Q : Quel est le temps pour mettre en oeuvre ?
R : Nous avons commencé il y a 2 mois et demi et nous terminerons d’ici un mois. Cela englobe non seulement le site, mais aussi la création de l’identité visuelle, d’une charte graphique, de la réalisation des fiches produits, de la plaquette, et actuellement du site.

Q : Est-ce qu’il faut utiliser de la pub comme Google Adwords ?
R : Ce projet a été l’occasion de découvrir la différence entre le référencement naturel et l’achat de mots clés. Depuis, je clique de moins en moins sur les sites qui sont positionnés grâce à l’achat de mots clés, même s’ils sont en tête de page. Un classement résultant du référencement naturel, c’est-à-dire du véritable contenu du site, est beaucoup plus pertinent que celui répondant à de l’achat d’espace. C’est pourquoi nous avons pris en compte la problématique du référencement dès la conception de l’arborscence sans la perdre de vue lors de la rédaction des contenus.
Beaucoup de gens ignorent la différence entre le référencement manuel et le référencement naturel. Nous n’avons pas complètement exclu de nous en servir au tout début.

Q : Quelle est la priorité pour que ça marche ?
R : J’ai travaillé 20 ans dans la gestion immobilière, c’est une toute nouvelle activité pour moi. Les taches sont nombreuses et il est très important d’arriver à les hiérarchiser : il faut sans cesse prendre du recul et se replonger dans les détails (zoomer et dezoomer comme dit mon mari) :

  • une organisation à mettre en place le plus précisément possible (logistique, procédures...) ;
  • une grande sérénité et une capacité d’adaptation : les imprévus sont monnaie courante ;
  • une communication en ligne soutenue par un véritable travail de terrain ;
  • une motivation à toute épreuve : nos produits et notre démarche ne laissent que peu de place au doute.

Q : Est-il facile de vendre en ligne de l’artisanat ?
R : Si le produit est déjà connu et reconnu : oui. Néanmoins, et notamment pour nos produits, une photo ne rendra jamais compte de la légèreté, de la solidité, de la douceur ou du parfum d’un produit.

saladier recouvert de coquille d'oeuf

Q : Quelle est ta stratégie de distribution, utiliseras-tu à 100 % Internet ? Pourquoi ?
R : Internet est un formidable outil, mais reste un outil. Il faut bien sûr l’exploiter au mieux et qu’il constitue un investissement rentable (gain de temps, de notoriété, économie d’envoi, d’impression...). Comme tout outil, c’est son utilisation qui doit être pertinente. Toute activité d’échange est basée sur la relation humaine, une démarche en direct reste indispensable à la construction de notre notoriété.

Q : Ton projet s’inscrit dans le commerce équitable, peux-tu nous en dire plus ?
R : J’ai commencé à travailler dans les champs à 8 ans et j’ai quitté seule mon pays à 13 ans. Je connais, pour l’avoir vécu, le travail des enfants, la misère, l’absence de perspectives et les motivations de départ. C’est pourquoi aujourd’hui, nous développons cette activité : les artisans qui travaillent et s’impliquent en échange d’un salaire décent. Ils se sont engagés à ne pas faire travailler d’enfants et à envoyer les leurs à l’école, à replanter les matières naturelles qu’ils utilisent, à recycler (les chutes de bambou sont notamment réutilisées comme combustible) et à limiter leurs émissions de CO2.

Q : Êtes-vous labellisé ?
R : Les labels, comme par exemple Max Havelar ou Minga, ont fortement contribué à la notoriété et au succès de cette forme d’échange durable, humain et écologique qu’est le commerce équitable. Face aux abus, l’instauration de ces labels est une garantie. Cependant, ils sont financés par les entreprises labellisées, généralement à hauteur de 2% de leur chiffre d’affaires, en échange de l’accès à leur réseau et de la reconnaissance de l’activité. Aujourd’hui, nous nous posons toujours la question des priorités : ces 2% ne seraient-ils pas mieux affectés au service d’initiatives locales, ou sont-ils mieux investis dans ce type de réseau ?

Q : Merci Stéphanie pour ton temps que je sais précieux, il me reste à vous souhaiter bonne chance.
R : Merci.

 

Saladiers recouverts bibol de coquille d'oeuf

 


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