Est-ce que la France est compétitive en termes de prix et d’innovations télécoms ?
Les tarifs en France sont parmi les plus compétitifs du monde, un accès "triple play" coûte trois fois plus cher aux Etats-Unis.
Cette explosion du haut débit a un effet secondaire, l’internaute est de plus en plus gourmand en termes de rapidité et d’applications.
Pour que l’innovation continue, les opérateurs auront un rôle majeur pour proposer des solutions de convergence numérique et des services de plus en plus innovants comme la vidéo à la demande.
A quand du haut débit dans les campagnes ?
Connecter un village de 50, 100 foyers n’est pas rentable pour l’opérateur historique (France Télécom) et encore moins pour les opérateurs alternatifs (Neuf, Free,..).
Pour fournir du haut débit en campagne, et même dans les lieux qui sont moins denses en terme de population, il faut installer un tuyau suffisamment « costaud », qui n’existe actuellement pas, pour délivrer la capacité nécessaire.
Sur un village de 500 foyers, multipliez par 30 € (coût moyen d’un accès), à 1.500 €/mois, un opérateur ne peut pas financer les frais d’installation et d’exploitation de son réseau large bande.
Il y a différentes propositions alternatives comme le WiMax notamment sur la partie Ouest de la France.
Il y a également la possibilité de partager un accès satellite.
Ces solutions restent plus onéreuses et moins performantes que l’ADSL des grandes villes, mais c’est un premier pas pour connecter tout le monde à très haut débit ou non.
Au niveau des professionnels, qui reste-t-il à connecter ?
Nous avons participé à l’initiative gouvernementale : Le passeport numérique.

Il en ressort que "840 000 de nos TPE sont toujours totalement déconnectées de l’économie numérique" selon Olivier Midière, le Président du groupe de travail "Mission TIC et TPE".
L’intérêt d’avoir une connexion Internet, un site web, n’est pas encore démocratisé auprès des commerçants et des artisans.
Cette initiative gouvernementale a pour but justement de démontrer l’impact commercial et l’amélioration de la productivité.
Un exemple : l’usage de la mobilité pour les artisans et l’intérêt d’avoir un PDA connecté à Internet, pas besoin de repasser à son bureau pour récupérer des commandes ou récupérer les E-mails de ses clients.
Peut-être que la sécurité est également un frein supplémentaire ?
C’est pour cela que le gouvernement propose des formations gratuites via 400 points d’accueil partout en France.
La sécurité fait partie des thèmes abordés.
Une fois ce « diplôme » obtenu, vous avez accès à des offres promotionnelles que nous avons mis en place autour de 3 thèmes : la mobilité, la téléphonie par Internet et la sécurité.
La mobilité ?
Cela signifie accéder aux informations de manière distante mais... où les stocker, dans mon entreprise ?
Google nous dit « chez lui » et propose de plus en plus d’applications en ligne et gratuites (sous contrainte d’avoir des publicités !).
Au contraire, les opérateurs préconisent des réseaux privés et sécurisés, les constructeurs des équipements (serveurs, routeurs, etc…) que l’on doit faire installer et maintenir par des prestataires de services en informatique…
Quelle TPE, peut louer une liaison dédiée, installer le logiciel SAP et avoir un informaticien à demeure ?
Ce n’est pas notre stratégie et notre discours de confondre.
Les services en mode « hébergé » sont dans la tendance du marché et vont de plus en plus être utilisés, voire généralisés.
On arrivera rapidement vers ce qu’on appelle web 2.0, où l’on va partager de plus en plus d’informations d’ordre personnel ou professionnel.
En tant que constructeur, nous conseillons à nos clients d’utiliser l’infrastructure de leur réseau local pour stocker chez eux l’information « vitale » et de travailler en réseau.

La solution Linksys One va complétement dans ce sens.
Concrètement, ça veut dire quoi ?
Rien ne sert de faire des investissements importants, si l’on peut se servir de ce qui existe sur le web.
Il faut utiliser les solutions « distantes » et « locales » de manière complémentaire.
Un exemple : la sauvegarde.
Il faut penser au pire, notamment un sinistre au sein de l’entreprise et héberger ses sauvegardes non seulement sur bande mais également sur un serveur distant sécurisé, pour être couvert quel que soit l’incident.
La majorité des TPE utilise l’email fourni par leur opérateur, est-ce sécurisé ?
Un accès « grand public » à 30 € offre très peu de sécurité.
Nous recommandons d’utiliser un serveur de messagerie en « local » pour les communications internes et les échanges de données à caractère confidentiel.
Pour ce qui est de la connexion Internet, si la ligne venait à « tomber », il n’y a aucune garantie de délai de rétablissement.
C’est pour cela que vous préconisez l’utilisation de réseaux virtuels privés ?
Pour résoudre le problème de disponibilité, il faut utiliser des liaisons SDSL avec garantie de services, des fournisseurs comme Nérim, Altitude Telecom ou Opencentrex en proposent.
Ensuite, il faut savoir qu’en passant par Internet, les données peuvent être interceptées et lues.
Les réseaux virtuels privés ou VPN (Virtual Private Network) consistent à échanger de manière cryptée, via des solutions logicielles ou des équipements (routeurs).

On peut partager un Intranet, c’est-à-dire un site web interne, avec son cercle de relations professionnelles, tout en garantissant l’authentification, la confidentialité et l’intégrité des données échangées.
Il s’agit de chiffrer les données, de part en part.
Prenons l’exemple d’un commercial qui se trouve à l’aéroport, il va s’authentifier sur un portail web en TLS (Transport Layer Security) pour accéder aux informations de l’entreprise.
Nous proposons QuickVPN qui permet aux télétravailleurs, ou aux nomades, de se connecter facilement à leur réseau.
Deuxième thème de notre entretien, la téléphonie par Internet, on parle de « Dual Mode », de quoi s’agit-il ?
C’est un téléphone capable de se diriger à la fois sur le réseau analogique standard et sur la téléphonie IP (Internet Protocol) en passant par Skype par exemple ou un opérateur tel que Keyyo avec qui nous avons lancé une offre commune disponible dans les magasins Fnac, LDLC, Surcouf, Inmac Wstore et One Direct…

Pour que ce service soit efficace, il utilise un nouveau type de ligne ADSL qui découpe le tuyau en deux : il y a un canal qui sera réservé pour la téléphonie avec de la qualité de service et le reste pour l’Internet.
L’avenir du téléphone passe-t-il par Internet ?
Oui, c’est évident.
Même dans la téléphonie classique, 90 % des communications sont retransformées en IP, que ce soit chez France Télécom ou un autre.
Pour tous les opérateurs, la téléphonie ancienne génération (analogique) est terminée.
Lorsqu’il y a des blancs dans une communication, on préfère l’interrompre et affecter le « tuyau » à d’autres. Ce qui n’est pas techniquement possible avec l’ancienne technologie commutée puisqu’on doit laisser ouvert le canal de transmission.
Economiquement, cela permet aux opérateurs d’être beaucoup plus dynamiques.
Il y a six millions d’utilisateurs actuellement en France qui utilisent cette technologie de VoIP via les Livebox, FreeBox et autres NeufBox.
Sur trente millions de foyers, ça commence à être vraiment représentatif.
Le marché français est de loin le plus avancé.