Bonjour Gabriel, à qui s’adresse Progonline ?
Nous avons 2900 prestataires, développeurs en free-lance ou sociétés basées dans le monde entier qui souhaitent mettre à disposition leurs compétences auprès de nos 700 donneurs d’ordres qui sont soit des sous-traitants professionnels, soit des clients finaux.
Votre nom signifie-t-il « programmeurs en ligne » ?
Oui à l’origine, mais notre activité bifurque sur plusieurs domaines de compétence plus adaptés notamment au télétravail, comme par exemple la traduction, l’infographie, la création de contenu…
Les prestataires sont-ils en France ou dans les pays en voie de développement ?
Une bonne moitié des prestataires sont des free-lances français.
Les autres sont « offshores », marocains, tunisiens, roumains et malgaches.
Nous avons remarqué que les prestataires français fournissent une prestation plus chère, mais également de meilleure qualité.

Quel est votre volume d’affaires ?
Nous avons actuellement 5/6 projets par jour.
Principalement des demandes extrêmement précises de télétravail, d’une moyenne de 350 €.
Voire même quelques dizaines d’euros pour la création d’une bannière flash ou la traduction d’un petit texte du français vers l’anglais.
Le télétravail n’est pas une évidence, comment facilitez-vous les collaborations ?
Le montant correspondant est conservé par Progonline durant la durée de la réalisation.
Le prestataire est payé à la fin de la prestation s’il a respecté l’engagement qu’il a pris au début du projet.
Quel est votre modèle économique ?
Nous percevons une commission de 15% sur chaque projet réalisé avec succès.
Dans le cas où le prestataire ne remplirait pas sa tache, le client est remboursé à 100%.
Si Progonline n’existait pas, le prestataire demanderait un acompte avant de commencer le projet.
Le client n’aurait pas la confiance nécessaire et ne donnerait pas son accord.
Sachant que du jour au lendemain, un prestataire marocain ou malgache pourrait disparaitre avec 20 ou 30% du montant du projet qui correspond à l’acompte sans avoir plus de garantie que cela.
A 100% ?
Il serait malhonnête de faire payer un client insatisfait.
Sur 250 projets actuellement réalisés, nous en avons eu un nombre extrêmement restreint qui sont arrivés en arbitrage ou en médiation.
Comment faites-vous pour éviter les litiges ?
Tous les projets passent par une phase de validation au cours de laquelle nous jugeons la faisabilité et la précision du cahier des charges.
Vous faites la rédaction du cahier des charges ?
Si la tache est simple, la rédaction d’un cahier des charges n’est pas nécessaire.
La formalisation des besoins est comprise dans notre commission de 15%.
Si le cahier des charges dépasse une certaine complexité, nous demandons à des partenaires indépendants d’intervenir pour effectuer une analyse qui sera payante. Ensuite, nous pourrons diffuser le projet.
Quels sont les engagements pris entre vous, les clients et les prestataires ?
Le contrat est conclu entre le prestataire et Progonline d’une part et entre Progonline et le client d’autre part.
En cas de désaccord entre le client et le prestataire, Progonline va confronter le cahier des charges à la réalisation, et proposera soit une solution de médiation à l’amiable pour résoudre le conflit, soit un arbitrage qui sera sans appel face à la justice d’Etat.
On ne peut pas contester votre arbitrage ?
Dans notre contrat, une clause précise l’engagement des parties à faire appel aux processus de médiation et/ou d’arbitrage.
Pour plus d’informations, je vous invite à consulter ce lien concernant la législation.
Qui facture le client, le prestataire ou vous ?
Le client s’engage à payer dès le début le montant du projet sur notre compte.
Nous le facturons puis reversons la somme au prestataire en déduisant notre commission.
Si jamais la prestation n’est pas conforme, le client est remboursé.
Vous facturez et assurez la maitrise d’ouvrage, et vous faites un arbitrage, vous êtes juge et partie ?
Si vous avez envie que votre site fonctionne et que les gens reviennent, à ce moment là votre intérêt c’est de rendre le verdict honnête.
Pourquoi ne pas être un intermédiaire de mise en relation, comme toutes les places de marché ?
C’est beaucoup moins intéressant car les prestataires et le client recherchent une solution pour ne pas prendre de risque concernant le paiement…
Aux Etats-Unis, on a des acteurs qui pratiquent votre modèle ?
Rentacoder.com est similaire. J’évalue le chiffre d’affaires à 50 MUSD/mois, preuve qu’il y a un marché !
Peut-être les mentalités sont-elles différentes, en France, car on vous reproche de favoriser la délocalisation
Depuis le début de l’activité, en février 2005, nous avons des critiques systématiques par mail et par téléphone.
On nous a même dit que les écoles d’ingénieurs fermeraient à cause de sociétés comme la nôtre.
En mai, 01 Net a titré « L’offshore en ligne fait encore grincer les dents », suite à des réactions très hostiles à votre encontre, que s’est il passé ?
Dans le cadre d’un appel d’offres où plusieurs prestataires internationaux et français se sont proposés.
Un prestataire marocain en télétravail, qui était déjà évalué très positivement chez nous, a eu le marché pour un budget d’environ 1000 €.
Deux prestataires français nous ont attaqués de façon très violente, ils m’ont même harcelé au téléphone pour en arriver à m’insulter de manière très vulgaire. Ils pensaient que travailler avec des prestataires étrangers en télétravail est illégal.
La délocalisation, le travail offshore, l’externalisation (OutSourcing) sont en place à des échelles incroyablement plus grandes que sur notre site. Je pense à Accenture qui a 200 développeurs en Roumanie, par exemple.
Bon nombre de prestataires français travaillent avec Progonline et sous-traitent des parties de leur projet.
Cela veut donc dire que cela marche !